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La résurrection des SCPI
2010-09-04  
Source : VotreArgent.fr
Rappelez-vous. On les donnait pour mortes. Le législateur, cédant au puissant - à l’époque… - lobby de la finance, a estimé que les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) devaient mourir et c’est en 2006 que leur relève a été créée par la loi, j’ai nommé les OPCI. Il s’agissait de substituer à des sociétés dont le patrimoine était totalement immobilier, gérées par des sociétés immobilières, un véhicule mixte, constitué de valeurs mobilières et immobilières, avec une exposition à l’immobilier maximale de 65% (pour ce qu’il est convenu d’appeler les SPPICAV) et de 95% (pour ce qu’il est convenu d’appeler les FPI). En fait, les seconds OPCI étant subordonnés à une souscription au moins égale à 10 000 euros, ce sont les premiers qui s’adressent au grand public, sans minimum de souscription.

Quelle était l’arrière-pensée du gouvernement et du parlement ? D’abord, le projet de Bercy était clair : favoriser les placements en valeurs mobilières. Il s’agissait ensuite de faire la part belle aux banques et de leur donner du grain à moudre, non seulement pour constituer les OPCI, mais encore pour les gérer et les distribuer. La crise économique mondiale en a décidé autrement, et à ce jour seuls quatre OPCI grand public ont vu le jour. Je n’ai rien contre les OPCI, mais dès 2005 j’ai été de ceux qui se sont battus pour que les SCPI ne soient pas dissoutes (il en a été question), et qu’au moins celles qui existaient alors et collectaient de l’épargne continuent à vivre. Avec d’autres résistants, dont l’Aspim, l’association française des sociétés de placement immobilier, nous avons eu gain de cause. Depuis lors, OPCI et SCPI cohabitent.

L’avenir et le regard des épargnants nous ont donné raison : en 2009, la collecte nette des SCPI a avoisiné les 870 millions d’euros. Il est clair que l’avènement des SCPI Scellier n’a pas compté pour peu dans cette performance. Certes, dès 2011, les SCPI Scellier vont se verdir et les contraintes de respect des normes environnementales vont sans doute enchérir le prix des parts. Pour autant, avec un rendement moyen de 6,05% en 2009 (contre 5,7% en 2088), il y a de la marge et la légère érosion à prévoir, probablement de l’ordre de 5%, maintiendra la compétitivité des SCPI à un haut niveau.

J’ajoute que le secrétaire d’Etat au Logement, en conclusion de l’assemblée générale annuelle de l’Aspim en mai dernier, prêtait à ces véhicules la vertu de faire revenir vers le logement les investisseurs institutionnels, les SCPI étant en quelque sorte des médiateurs vers le public désireux de placer son épargne dans l’immobilier résidentiel. Si l’essentiel des SCPI ont un patrimoine constitué de commerces et de bureaux, la proportion des SCPI logements croît et, en tout cas, on a désormais un vrai choix. Alors pensez aux SCPI, miraculées de la vague financière de la fin des années 2000.


Henry Buzy-Cazaux
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