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Préparer sa retraite- Cap sur l’efficacité
2008-10-23  
Source : LePoint.fr
A 50 ans, il n’est pas trop tard pour se constituer un complément de retraite. Mais vous devez agir vite et fort en définissant avec soin ses objectifs de complément de revenus et d’évolution de son patrimoine.
© Immobail.com
Une épargne de 300 000 euros : c’est à peu près le montant qu’il faut avoir accumulé lors du départ à la retraite pour compléter ses revenus à hauteur de 1 000 euros par mois, en valeur actuelle ! Ce n’est donc pas pour rien que tous les professionnels recommandent de s’y prendre tôt : plus vous commencez jeune à épargner, moins l’effort à réaliser chaque mois est important.
Si vous n’avez encore rien préparé aux abords de la cinquantaine, il n’est heureusement pas trop tard pour agir. Mais le court délai qui vous sépare du départ à la retraite oblige à avancer à marche forcée, en épargnant plus de 1200 euros par mois (avec un placement rapportant 4 % pendant quinze ans), et à optimiser la gestion financière et fiscale pour mettre toutes les chances de votre côté. Car il ne faut pas oublier que l’inflation, même redescendue à 3 % actuellement, grignote petit à petit le pouvoir d’achat de votre épargne.
Par où commencer ? Par un bilan de retraite, qui permettra de déterminer les droits à pension dans les régimes obligatoires et ainsi mieux connaître vos besoins. Une fois cette information en main, vous pourrez passer utilement à la phase opérationnelle.

Une gestion adaptée à un horizon de dix-quinze ans avant la retraite, est-il encore temps de prendre des risques avec son épargne ou, au contraire, faut-il tout mettre en sécurité ?
A cette question les professionnels apportent des réponses non tranchées. Certains, à l’instar de Stéphane Gouny, chez Legal & General, recommandent la prudence : « Il ne faut prendre que des risques mesurés, car la retraite, ce n’est pas de la spéculation. » Son conseil est limpide : il faut affecter 60 à 70 % de l’épargne à des produits sans risque ou à risque faible, comme les sicav d’obligations ou l’assurance-vie en euros, et diversifier seulement le solde, afin de doper le rendement. Une diversification qui passe selon lui par des fonds en actions ou de l’immobilier (en direct ou via la « pierre-papier »), qui seront gérés de manière un peu plus dynamique. « Se priver de tout actif risqué, c’est se priver de revenus complémentaires à la retraite », met-il en garde.
Daniel Haguet, professeur de finance à l’Edhec, a une approche plus volontariste : « Ce serait une erreur de tout investir en sécurité, car les placements sans risque rapportent à peine plus que l’inflation et, à long terme, ils sont moins intéressants. » Pour lui, pas de doute : « Il faut diversifier les investissements et entrer sur les marchés d’actions, qui sont à un niveau attrayant dans une optique à moyen et long terme. » Mais, là encore, la clé du succès passe par la diversification : « Faire reposer son épargne retraite sur plusieurs classes d’actifs permet de mieux protéger son portefeuille. »
Finalement, c’est en fonction de votre appétit pour le risque et de la composition de votre patrimoine que vous devrez décider de la place réelle occupée par les produits sans risque et ceux destinés à la diversification. Et, dans tous les cas, il ne faudra pas s’endormir sur ces choix : « La part des actions devra être réduite quand s’approchera le moment d’utiliser les fonds , conseille Daniel Haguet. Après les fortes phases de hausse, il ne faut pas hésiter à sécuriser une partie des gains pour les mettre à l’abri d’une nouvelle baisse des marchés. » Cela afin de ne pas être pris au dépourvu par une crise violente, comme celle que l’on traverse cette année.
Des horizons différents pour compenser le peu de temps séparant de la retraite, une autre priorité s’impose : définir un calendrier de besoins et constituer, pour chaque date, une épargne spécifique. « Il ne faut pas sanctuariser un capital à 65 ans en l’ayant intégralement mis en sécurité , analyse ainsi Emmanuel Narrat, de la société Haussmann Patrimoine. Une personne de 65 ans a une espérance de vie longue. Il faut donc conserver une gestion financière à moyen et long terme, au risque de passer à côté d’une valorisation du capital et des revenus. »
La technique que mettent en oeuvre les spécialistes de la gestion de patrimoine est simple : ils invitent à constituer des blocs de capitaux ayant chacun un horizon d’utilisation bien défini et une gestion financière adaptée à cet horizon. « Une poche d’épargne sera ainsi destinée à satisfaire les besoins de revenus liés au départ à la retraite et les 7 à 8 années qui suivent , poursuit Emmanuel Narrat. Elle pourra être entièrement consommée, capital et intérêts, durant cette période. Ensuite, d’autres poches prendront le relais pour une période équivalente, et ainsi de suite. » Traduction en termes financiers : la première poche, ayant vocation à être rapidement utilisée, sera constituée d’actifs offrant majoritairement une bonne sécurité, alors que les autres feront l’objet d’une exposition plus forte aux produits de diversification, plus risqués à court terme mais généralement plus rentables à long terme, hors accident majeur comme celui de cette année. De quoi faire mieux que les 4 à 4,5 % d’un produit sans risque, mais à condition de disposer d’un patrimoine suffisamment étoffé pour patienter en cas de gros retournement.
Trouver le meilleur abri fiscal. Optimiser les revenus de la retraite passe aussi par le choix de la bonne enveloppe fiscale.
Les contribuables imposés dans la tranche marginale d’imposition à 30 ou 40 % bénéficieront d’un effet de levier en choisissant d’investir dans un plan d’épargne retraite populaire (PERP) ou un contrat Madelin pour les non-salariés. Les cotisations versées étant déductibles des revenus ou bénéfices imposables, elles allègent d’autant l’effort d’épargne réel. Il faut cependant relativiser cet intérêt, car ces produits imposent une sortie en rente viagère qui est à son tour fiscalisée, et soumise aux cotisations sociales, au taux de 7,1 %.
Pour disposer de 100 euros nets par mois en plus, vous devrez tirer de votre plan de retraite une somme sensiblement supérieure. Soit autant de capital à constituer en plus. « Nous recommandons de n’utiliser ces produits qu’à la marge, en complément de placements traditionnels sans contrainte », prévient d’ailleurs Stéphane Gouny.
Chez les spécialistes, c’est plutôt l’assurance-vie qui a le vent en poupe, « car c’est une vraie boîte à outils pour la retraite, offrant de larges possibilités d’investissement et des instruments pour piloter facilement l’évolution de l’épargne », constate Daniel Haguet. Elle ne dispose d’aucun avantage fiscal à l’entrée, mais les sorties ne sont presque pas imposées si le contrat a plus de huit ans ; d’où l’importance de prendre date rapidement (1).
A ne pas oublier non plus : le plan d’épargne en actions ou, si vous en avez déjà un, le plan d’épargne populaire. Le premier privilégie la gestion dynamique, le second la gestion sécuritaire. Et tous deux permettent, après cinq ou huit ans, de récupérer son capital sans impôt ou de le transformer en rente viagère non imposable.
Enfin, si votre entreprise vous invite à investir dans un Perco ou une retraite collective dite « article 83 », n’hésitez pas : vous profiterez alors d’un coup de pouce, parfois très important, de votre employeur. Ce qui allégera d’autant votre effort d’épargne dans les produits individuels 1. Comme dans tous les placements, les gains sont soumis aux prélèvements sociaux de 11 %, 12,1 %, à compter de l’an prochain.
IMMOBILIER DÉMEMBRÉ : DE LA PIERRE PAS COMME LES AUTRES L’immobilier est un des piliers de la préparation de la retraite. Mais, plutôt que d’acheter un logement pour le donner en location, il existe désormais une autre voie : l’acquisition d’une propriété démembrée, c’est-à-dire de la seule nue-propriété (la possession des murs).
Avec ce type de montage, l’investisseur particulier achète un bien pour 60 à 70 % de sa valeur de marché, mais il ne peut pas en disposer ni en recevoir les fruits. Ceux-ci appartiennent à l’usufruitier (bailleur social ou privé) pendant quinze ans, par exemple. Ce n’est qu’à l’issue de cette période, déterminée lors du démembrement, qu’il sera pleinement propriétaire. Il disposera alors librement du logement, avec possibilité de l’habiter, de le louer ou de le revendre. En général, il lui est rendu parfaitement rénové.
« C’est un mécanisme très attractif , juge Emmanuel Narrat, de la société Haussmann Patrimoine. L’acquéreur a moins de capitaux à emprunter pour acheter, il n’a pas de revenus fiscalisés supplémentaires pendant la durée du démembrement et il a même la possibilité de défiscaliser les intérêts de l’emprunt de ses revenus fonciers existants. » C’est aussi une bonne affaire pour les contribuables soumis à l’ISF, puisque ce bien n’entre pas dans l’assiette de calcul de l’impôt.
Pour une personne d’une cinquantaine d’années qui désire investir dans la pierre pour ses vieux jours, cela ressemble au produit parfait, puisqu’il n’alourdit pas la charge fiscale pendant la période d’activité.D’autant , ajoute Emmanuel Narrat, que les biens proposés dans ce cadre sont en général très bien situés, dans des villes et des quartiers où la demande locative est forte.Jusqu’ici confidentiel, ce marché commence à s’ouvrir et plusieurs promoteurs devraient s’y lancer prochainement. Une piste à suivre de près...

« LA PIERRE EST PLUS RENTABLE QUE LES OBLIGATIONS, MAIS MOINS VOLATILE QUE LES ACTIONS »
Guy Marty : L’immobilier doit avoir une place importante. Etre propriétaire de sa résidence principale permet de diminuer ses dépenses au moment où ses rentrées d’argent diminuent. Il permet également de se constituer des revenus complémentaires futurs. Au-delà des turbulences actuelles, il faut savoir que la pierre est plus rentable que les obligations et moins volatile que les actions.
Faut-il privilégier l’achat en direct, ou au travers de SCPI, de sicav immobilières ou de valeurs foncières ?
Je distinguerai entre les besoins du 3e et ceux du 4e âge. Les premiers peuvent justifier de disposer, pendant que l’on est encore en bonne forme, de plus qu’un simple revenu pour voyager, se faire plaisir... ou faire plaisir à la jeune génération. L’immobilier indirect permet de satisfaire cette aspiration par une consommation partielle du capital. Sinon, les deux types de placements se défendent. Mais attention, quand on achète en direct, il faut toujours garder à l’esprit la revente ou l’usage ultérieur.
Quand faudra-t-il revenir sur l’immobilier ?
La Bourse devrait repartir avant l’immobilier physique. Les valeurs des foncières ont baissé les premières, dès février 2007. Elles rebondiront donc avant l’immobilier en direct. Pour ce dernier, le scénario le plus vraisemblable est une reprise au mieux à partir de 2010. Des opportunités d’investissement vont donc apparaître prochainement, sachant qu’il est quasi impossible d’acheter au plus bas
Propos recueillis par Laurence Allard
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